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Présentation et scénario
The Regiment est un jeu pour le moins original. Simulation de Contre-Terrorisme "classique" à première vue, il reprend les principes du genre (assaut en équipe, prise d'otages, bombes...) mais en y ajoutant un facteur innatendu : le temps.Le jeu vous place dans la peau d'un agent contre-terroriste britannique, affecté aux SAS. Chaque mission se décompose en 3 parties, qui sont en fait 3 équipes différentes effectuant l'assaut simultanément sur la même map, et dotées d'objectifs différents. Chaque équipe se voit attribuer une zone d'exploitation dans laquelle elle doit effectuer ses objectifs propres (sauver des otages, désamorcer des bombes, descendre la pourriture communiste).
A la fin de "sous-mission", le tableau de statistiques vous indique le temps que vous avez pris pour remplir la mission, les otages que vous avez tués, les pertes de votre équipe, etc. et tous ces critères rentrent dans la note finale. La note finale détermine par la suite si la mission suivante peut être déverouillée.
Lorsque vous avez rempli les 3 "sous-missions", vous avez accès à un bonus supplémentaire : le déverouillage d'une des 6 vidéos qui font chaque partie d'une interview d'un vrai ex-agent du SAS en "vraie vidéo", surnommé "Mac". Mac, moustachu sympatique au demeurant, vous mettra dans l'esprit de chaque mission par une vidéo d'introduction (histoire de vous placer dans l'ambiance). L'interview est assez intéressante, sauf dans la dernière partie, où il commence à se la péter en comparant les SAS à une équipe de foot et en prétendant qu'ils seraient les meilleurs du monde ("ouais, les SWAT ont copié sur nous, ils ont appris de nous, on est les meilleurs, etc").
IA et Gameplay
Le fait que le temps entre en compte dans le score final aboutit à un style de jeu totalement différent de celui couramment adopté pour des jeux tels que Raven Shield ou SWAT 4. Ici, c'est tellement bourrin que ça ressemblerait presque à un Quake. Donc pas question de réfléchir 5 minutes avant d'attaquer une pièce, il faut foncer continuellement. Contrairement à ce que vous pourriez croire, cela ne nuit pas à la crédibilité de l'ensemble : au contraire, il paraît logique de progresser le plus rapidement possible pour déstabiliser les terroristes et ne pas leur donner le temps de s'organiser - à comparer à Raven Shield par exemple, où on peut progresser très lentement sans se soucier de la réponse des terroristes. Pour résumer, là où des jeux tels que Rainbow Six misent sur la tactique et la planification, The Regiment mise sur la rapidité et l'effet de surprise.On peut néanmoins être déçu par l'aspect "bain de sang" de l'ensemble : en effet, le jeu ne pénalise que peu les terroristes tués alors qu'il se rendaient, ou même les otages tués. Ainsi, il arrive souvent de remporter la mission avec un otage mort (avec deux par contre, c'est beaucoup plus difficile). Aussi, sécuriser un otage ou menotter un terroriste diminuera votre score à cause du temps perdu, au lieu de l'augmenter. Dans le même style, il m'est souvent arrivé, à contre-coeur, de mettre volontairement une balle dans la tête d'un terroriste agenouillé à terre. Un comble pour un jeu qui se veut réaliste !
J'ai également été étonné de voir que mes coéquipiers étaient (pour une fois) pas trop cons : ils couvrent correctement, ne foncent pas bêtement sous le feu ennemi et bloquent rarement. Dommage que les adversaires ne soient pas aussi intelligents : je ne compte plus le nombre de fois où un ennemi a foncé sur moi en courant comme une tarlouze sans me voir.
Contrairement à d'autres jeux dits "réalistes", les situations exposées sont particulièrement crédibles : par exemple, lorsque vous devez sauver un otage, le terroriste se placera systématiquement derrière l'otage par rapport à vous, et le tuera si vous vous approchez trop près ; il faudra donc viser les parties de son corps qui dépassent de l'otage, et autant vous dire que ce n'est pas de la tarte.
En plus de cela, on a les saloperies habituelles : otages s'enfuyant au lieu de se laisser arrêter, terroristes faisant semblant d'être morts, j'ai même vu un otage avec une arme collée à sa main avec du scotch pour faire croire qu'il s'agissait d'un terroriste ! Etant donné que le temps est limité, ces ruses sont très efficaces, car on vérifie rarement ce genre de détails avant de passer à la pièce suivante. Dans le même esprit, des pièges explosifs sont disposés par les terroristes sur la carte, qui vous seront fatals si vous ne pensez pas à regarder où vous marchez.
Une interface d'ordres est disponible pour commander son équipe, mais on ne s'en sert quasiment jamais (elle fait perdre trop de temps). Elle est surtout utile pour les grandes salles où vos coéquipiers s'en tireront souvent mieux que vous.
Point de vue armes, leur feeling est assez bon, on regrette cependant les armes de départ figées : MP5, flingue, couteau, pompe, grenades. Néanmoins, curieusement, on peut ramasser les armes à terre.
Difficulté, durée de vie
Les missions sont au nombre de quatre, avec trois sous-missions chacune, ce qui donne 12 sous-missions (sans compter l'entraînement, fort bien fait au demeurant). Vous devez jouer chaque sous-mission en 2 à 4 minutes. Et c'est là que le bât blesse : il n'y a que deux niveaux de difficulté, et dans le niveau le plus difficile, vous devrez recommencer chaque mission environ 5 fois en moyenne pour la réussir. Par conséquent, cela en fait probablement le jeu le plus court auquel je n'aie jamais joué : 4 heures seulement pour le finir... je l'avais installé le soir vers 23h, et je l'ai terminé le lendemain matin. C'est probablement le plus gros défaut du jeu.Graphismes, interface, HUD, finition
Le moteur utilisé est Unreal 2, et ça se voit. Les textures ne sont pas particulièrement mauvaises, mais les modèles ont pris de sérieuses rides. Néanmoins, le moteur est bien exploité, cependant certaines scènes sont mal optimisées (surtout les cinématiques). Le level design se révèle labyrinthique sur certaines missions (particulièrement dans le métro).Signalons les lunettes de visée nocturne totalement inutiles : elles ne font que colorer la visée normale en vert.
Rien à dire de particulier sur les menus, propres et fonctionnels. Les vidéos diffusées dans le jeu sont d'excellente qualité. On pourrait regretter le HUD orange vif et encombrant, mais celui-ci se révèle peu gênant à l'usage.
Du point de vue de la finition, pas grand chose à dire, si ce n'est quelques légers bugs discrets par endroits.
Multi non testé
En deux mots
Le principal atout de The Regiment est sans conteste son gameplay, pour le moins original. Il constitue ainsi un excellent défouloir. Dommage qu'il ne dure pas plus longtemps.+ Gameplay original et bien pensé
+ Situations crédibles
+ Coéquipiers moins cons que la moyenne
+ Vidéos "mini-documentaires"
- Beaucoup trop court
- Grille de notation incitant à flinguer tout le monde
- Graphismes très moyens
- IA adverse débile