Pedrodactyl | mercredi 14 juin 2017 a 18 h 09

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Conférences E3 2017 : pour conclure

Après ces conférences de l'E3 2017, je voudrais prendre un peu de temps pour vous rappeler quelque chose. Sans doute que certains d'entre vous ont été enthousiasmés par quelqu'une des annonces de cette année. Peut-être que la toute puissante « hype » s'est emparée de vous. Comme des enfants avant Noël, la perspective de la sortie de ces jeux vous emporte et vous fait retrouver les sensations d'une époque où l'espoir était permis.

Mais vous n'êtes plus des enfants, jamais plus Noël ne sera aussi merveilleux. Ces trailers sont faits pour provoquer de l'envie, ils sont des produits parfaitement maîtrisés pour que Twitter, Reddit, Imgur et Facebook s'emportent et que la publicité gratuite explose. Votre entrain est une fabrication, nourri par celui des autres, il carbure à la nostalgie. C'est un lieu commun, tout le monde le sait, mais parfois la passion avale la raison et on oublie.

Souvenez-vous d'abord que ce qui est montré à l'E3 est la plupart du temps bien au-dessus de ce que va être le jeu véritablement. Il y a les trailers « faits avec le moteur » où des animations, effets et autres poudres aux yeux sont ajoutés. Il y a les trailers de gameplay « en jeu » façonnés avec trente-quatre PC de la Nasa. On se souvient tous des nombreux downgrades qui sont maintenant la norme.


Je tiens aussi à vous rappeler qu'un trailer génial ne fait pas un bon jeu, comme sur une photo tinder, les pires saletés arrivent à prendre des atours harmonieux et si on ne se méfie pas, notre cœur peut se mettre à battre pour une production médiocre, voir hideuse. Le pire c'est que tout le monde le sait, mais qu'on ne peut pas s'empêcher de tomber dans le panneau, comme si notre propension a espérer était bien plus forte que toutes les déceptions, comme cet ami qui vous répète à chaque nouvelle conquête que « cette fois c'est la bonne », pour deux mois après vous décrire la fois où elle lui a volé de l'argent pour s'acheter de l'héroïne.


Et enfin, c'est triste, mais plus on s'emballe et moins on apprécie. Jamais le jeu ne sera aussi beau que dans nos élucubrations grandiloquentes et il peut arriver que des choses très agréables laissent un goût amer parce qu'elles se sont annoncées avec trop de fracas. À trop s'imaginer, on est forcement déçu. Saleté de cerveau bien plus agile que le plus doué des développeurs, quelques images montées entre elles vers des ambiances de perfection peuvent ternir à jamais ce que sera le jeu attendu.

Bien sûr, je ne recommande pas de devenir des gens blasés, uniquement musclés du sourcil droit et qui soufflent bruyamment à chaque fois que quelqu'un attend un jeu avec impatience. Ne devenons pas ces loques lasses qui déblatèrent de leurs lèvres humides sur chaque tentative de marketing, qui chie gras sur les AAA, déplorent la facilité du pixel art grossier ou vomissent leur blanquette mal mâchée à chaque fois qu'un thème qui ne leur plait pas est abordé. Il faut rester heureux de jouer, oui, mais il faut savoir se contenir, pour aller vers une ataraxie bienfaisante, une tranquillité de l'esprit sage, qui attend peu et reçoit donc de façon adéquate.

En somme, restons circonspect, mais impatient, attendons avec envie en nous méfiant nous des promesses, ne précommandons pas et n'oublions pas que ce n'est pas parce qu'on s'est fait enculer dix fois que la onzième ne fait pas mal.
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