Dr.Loser | jeudi 21 février 2013 à 18 h 36

Aliens: Colonial Marines | NoFrag

Dr.Loser teste Aliens: Colonial Marines

Si vous avez la flemme de lire, voici une petite vidéo dans laquelle je commente sept minutes jouées en coop. Rendez-vous à 3'40" si vous voulez vous moquer de l'IA :

Après sept ans de gestation, le petit Aliens: Colonial Marines s’extrait du ventre de Gearbox dans un déluge de critiques incendiaires et de notes meurtrières. On avait rarement vu un jeu AAA se faire autant cartonner. Avec une moyenne de 4,5/10 sur Metacritic, il arrive à faire pire que Duke Forever (5,1/10). Bel exploit !

Nous avons terminé la campagne solo, nous avons joué en coop, nous avons testé tous les modes multi, et comme nous sommes encore vivants pour en parler, voici nos impressions :

Ça ne démarrait pourtant pas si mal

L’action se déroule juste après le deuxième film de la saga : avec vos potes Marines, vous débarquez sur la colonie LV-426 dans l’espoir de découvrir ce qui est advenu de l’USS SULACO parti dix-sept semaines plus tôt pour porter secours aux colons. Le jeu débute alors que vous abordez le SULACO resté en orbite autour de la planète. Que s’est-il passé ? Quelle horreur risquez-vous de découvrir à son bord ? La tension ne durera pas longtemps, puisqu’il ne s’écoule pas plus de cinq minutes avant que vous ne commenciez à vider des chargeurs sur des nuées de xénomorphes.

Enfin, quand je dis nuée, n’exagérons rien. Les premiers aliens que vous croisez ne sont pas nombreux et vous aurez vite fait de les réduire en bouillie. Très rapidement, le gameplay se calque sur celui de n’importe quel FPS linéaire où s’enchainent portes, couloirs et pièces bourrées d’aliens que vous massacrez avec l’aide de vos coéquipiers. En effet, durant quasiment toute la campagne, vous êtes accompagné d’un ou deux marines invincibles : si un xénomorphe parvient à les attaquer au corps à corps, vos compagnons lutteront quelques secondes avant de les repousser. Facile. Si vous pensiez incarner une proie, ressentir le danger et l’isolement, c’est raté !

Qui joue à Aliens pour tirer sur des humains ?

Une fois votre première centaine d’Aliens massacrée, vous aurez droit aux mercenaires de la Weyland Company dont l’IA est comparable à celle des soldats au Call of Duty de 2003 : lever la tête, tirer, baisser la tête, lever la tête, mourir, c’est à peu près tout ce qu’ils savent faire, mais comparé aux Aliens, c’est déjà énorme. Le problème des xénormorphes ne vient pas de leur faible intelligence, mais de leur lenteur. Vous pouvez les griller à la course en sprintant ! Au début du jeu, ce n’est pas vraiment un problème puisque vous vous battez en intérieur et vous n’avez nulle part où fuir. Mais dans la seconde moitié de la campagne, où une bonne partie des niveaux se déroulent à l’extérieur, vous pouvez courir au milieu des aliens, les esquiver et les semer en courant. Ça ne veut pas dire que votre personnage est super rapide, juste que les aliens sont super lents.

Terminons ce petit état des lieux par les armes. De même que les aliens, elles fonctionnent assez bien en intérieur où vous pouvez viser rapidement et faire un maximum de dommages au pompe ou au pulse rifle, mais dès lors que vous mettez un pied dehors, vous remarquez qu’au-delà de 20m votre pulse rifle n’est pas du tout précis. Même en utilisant l’iron sight, il est impossible d’aligner une tête à plus de 5m. Solution : sprinter et traverser les niveaux en ignorant les aliens qui peinent à vous suivre. Et si vous tombez sur des humains, faites caca derrière une caisse et arrosez en espérant qu’une balle touche votre cible. Passionnant.

Au final, une très mauvaise impression

Les armes ne sont agréables à utiliser qu’en intérieur et les aliens ne sont amusants qu’en intérieur. De même, les graphismes sont assez soignés quand vous visitez les ruches Aliens ou les laboratoires de la Weyland, mais ils ne ressemblent plus à grand-chose quand vous vous promenez à la surface de la planète. Sachant que la deuxième moitié de la campagne se déroule presque exclusivement en extérieur, on termine le jeu sur une très mauvaise impression ce qui explique en grande partie les notes catastrophiques que le jeu récolte. Mais même sans ça, avec une campagne qu’on boucle en moins de 5h et un gameplay qui n’apporte rien de neuf, il n’est pas étonnant que les testeurs n’aient pas accroché au solo.

Le multi kleenex

Testé en coop, le jeu devient encore plus bourrin puisqu’il est possible de se relever les uns les autres. Et comme la campagne est parfaitement linéaire, je ne vois vraiment pas l’intérêt d’y rejouer une seconde fois. Reste les quatre modes multi pour tenter de rentabiliser votre achat :

Le TDM et le mode Extermination se déroulent en 5v5 avec les Aliens qui se jouent à la troisième personne. En TDM, vous devez tuer un maximum d’ennemi s. En Extermination, les Marines doivent se rendre sur plusieurs zones et les contrôler pour marquer des points. Des modes de jeu très simples dont vous aurez vite fait le tour, surtout qu’ils ne se jouent que sur cinq cartes et qu’il vous faudra bien du courage pour supporter les pings pourris dus à l’absence de serveur dédié. On termine avec les deux derniers modes de jeu en 4v4 : l’un similaire à Left 4 Dead où les Marines doivent traverser un niveau (rigolo, mais il n’y a que deux cartes) et un autre où ils doivent repousser les aliens le plus longtemps possible (encore deux cartes). Si vous réussissez à tenir plus de 10h sur le multi, ce sera un exploit.



Ne l’achetez pas

Bien qu’il manque cruellement d’intérêt et de contenu, Aliens: Colonial Marines n’est pas la catastrophe décrite par la presse. Si vous êtes fan des films, vous apprécierez probablement la courte campagne solo, mais de là à dépenser 30€ pour acheter le jeu, il y a un monde. La réalisation n’est pas terrible, les doublages en français affreux, les animations des humains sont grotesques, le level design est correct au début, mais catastrophique sur la fin… Finalement, seuls la direction artistique, les sons et la musique sont bons. Autrement dit, les seules choses vraiment réussies dans le jeu, ce sont celles sur lesquelles les développeurs n’ont pas eu à bosser.
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