Dr.Loser | samedi 28 octobre 2006 à 15 h 30

Dark Messiah of Might & Magic | NoFrag

Dr.Loser teste Dark Messiah of Might & Magic

Comme vous avez déjà pu le constater, tous les tests de Dark Messiah of Might And Magic qui ont été publiés sont extrêmement positifs. Tous ? Non, car quelque part sur le web, un site résiste à l’invasion des bonnes notes.

Je ne parle pas de NoFrag, mais de Gamespot qui assène un terrible 6,7/10 là où les autres testeurs encensent Dark Messiah de scores avoisinants les 9/10. Qui a raison, qui a tort ? Je ne sais pas de quel côté vous vous positionnerez, mais moi j’ai déjà choisi mon camp !

Graphismes, scénario et autres détails sans importances

Si vous n’avez pas de temps à perdre, faites-vous une faveur : sautez directement au paragraphe suivant !

Toute l’histoire de Dark Messiah vous est contée par l’intermédiaire de cinq scènes cinématiques de moins d’une minute. Le scénario accumule les poncifs du genre : un héros qui ignore en partie son passé, un seigneur démon sur le point de conquérir l’univers, une quête. Au final, vous vous contenterez d’aller d’une mission à l’autre sans trop prêter attention à ce que racontent les PNJ.

Pour ma part, j’ai fini par apprendre l’histoire en lisant le manuel pendant les écrans de chargement. Source oblige, comptez une à deux minutes entre les missions et trente bonnes secondes à chaque changement de zone. Sur huit heures de jeu, je ne serais pas étonné si l’on m’affirmait que j’ai passé trois quarts d'heure à écouter mon disque dur grésiller.


Comptez deux minutes entre le lancement du jeu et la fin des chargements.

Graphiquement, les textures et les modèles 3D sont très beaux, mais le Source Engine est toujours incapable de gérer des sources de lumière dynamiques. Quasiment toute l’action se déroule dans des grottes ou des bâtiments, mais l’éclairage uniforme gomme les volumes et rend les décors très plats. L’avantage, c’est que Dark Messiah tourne comme un charme sur n’importe quel PC n’accusant pas plus de deux ans d’âge. Une 6800GT ou une X800 devraient amplement vous suffire.

Enfin, sachez que Dark Messiah est protégé par Securom et qu’Ubisoft a un peu bâclé les tests de compatibilité avec les drivers Nvidia. Si l’installeur bogue, que le jeu rame, ou qu’il refuse de se lancer, consolez-vous en vous disant que vous n’êtes pas le seul à en souffrir et qu’un patch ne devrait plus tarder !

Faux départ…

Vous vous souvenez du début de Half-Life 2 ? L’arrivée en ville, la poursuite sur les toits… Et bien dans Dark Messiah, c’est pareil, mais en moins bien ! Le premier niveau est une suite de scènes scriptées où, si vous ne comprenez pas rapidement ce que vous êtes censé faire, vous êtes immédiatement puni : le jeu vous tue et vous oblige à perdre dix secondes pour charger votre ancienne sauvegarde. Heureusement, cette séance de torture laisse vite la place à la seconde mission où l’on commence enfin à s’amuser.

Belle remontée !

Les quatre niveaux suivants sont quasiment parfaits. Dès le premier combat, vous vous retrouvez seul contre trois gardes en armure qui vous taillent en pièce tandis que deux archers vous criblent de flèches. Autant vous dire que ça débute très fort ! Si vous ne voulez pas vous faire massacrer, vous allez devoir apprendre à combattre intelligemment et efficacement. Ça tombe bien, le corps à corps est très technique et c’est un pur bonheur de manier l’épée. Pour vous en tirer, vous aurez avant tout besoin d’un bon timing pour enchaîner les différentes attaques, parer et repousser vos adversaires d’un coup de latte. Vous devrez aussi rester en mouvement pour esquiver et ne pas vous faire submerger. Les combats sont dynamiques, rapides, brutaux, sanglants, violents, jouissifs ! Une fois la technique maîtrisée, vous pouvez vous jeter dans la mêlée, à un contre trois, avec un simple bout de métal pour vous défendre contre des orcs dont vous pouvez presque sentir l’haleine tellement ils sont proches, et en sortir victorieux, l’épée ensanglantée, les corps déchiquetés de vos ennemis répandus pêle-mêle autour de vous. Rares sont les jeux procurant une impression de puissance aussi grisante et c’est là le plus grand compliment que je puisse faire à un FPS.

Par la suite, vous apprendrez peu à peu à utiliser le décor, à projeter vos adversaires sur les pièges, à les pousser dans le vide ou à leur faire tomber des trucs lourds sur la tronche. Vous pourrez aussi essayer quelques sorts histoire de les congeler, de les obliger à combattre entre eux, de les incinérer… Les créateurs de Dark Messiah ont bien saisi l’essence du FPS : ils ont fait de leur jeu un véritable simulateur de meurtre permettant d’expérimenter comment donner la mort à vos victimes de mille et une façons différentes : certaines sont violentes, d’autres raffinées, cruelles, sadiques voire totalement hilarantes !

En toile de fond, les cartes sont variées et agréables à l’œil. Elles sont toutes basées sur un level-design linéaire où vous suivez de longs couloirs vous menant d’une bulle d’action à une autre. Chaque bulle est constituée d’espaces plus ou moins ouverts vous proposant une multitude de possibilités pour venir à bout de vos ennemis : archerie, exploitation du moteur physique, armes blanches, assassinat, magie, ruse, etc. Tout comme dans Far Cry, les niveaux sont linéaires, mais pas les scènes d’action. Et même si les cartes ne vous laissent guère de liberté, elles grouillent de passages secrets qu’il est toujours très gratifiant de découvrir en explorant le décor.

Grosse perte de puissance…

La deuxième moitié de la campagne débute par des catacombes bourrées de morts-vivants. La principale difficulté consiste à piger où vous êtes censé aller tout en esquivant des zombis qui bougent à deux à l’heure. Après trois quarts d’heure un peu ennuyeux, vous arrivez enfin au septième niveau. A ce stade, vous avez commencé à amasser des armes puissantes, vous maîtrisez les mécanismes du jeu et l’expérience que vous avez investie dans vos différentes compétences fait de vous une machine à tuer que rien ne peut plus arrêter ! Et à vrai dire, c’est bien là le problème…

Grâce à vos nouveaux pouvoirs, les combats ne représentent plus aucune difficulté. Votre voyage dans les plans infernaux est une véritable promenade de santé. Avec votre épée démoniaque, vous pouvez engager toute une troupe de guerriers d'élite et de nécromants sans vous soucier de parer les coups ou d’éviter les sortilèges. Vous pensez que j’exagère ? Détrompez-vous et regardez la vidéo ci-dessous réalisée à partir de l’avant-dernier chapitre en réglant la difficulté au maximum. Face à une dizaine d’ennemis, sans utiliser de soin, sans essayer de parer, nous sortons du combat avec plus de points de vie que nous en avions avant d’y rentrer.

Et on termine dans les graviers

Durant les trois derniers chapitres, vous passez donc votre temps à massacrer des hordes démoniaques sans défense, ce qui est à peu près aussi passionnant que de jouer au morpion contre dix adversaires à la fois. Finalement, Dark Messiah se conclut sur le combat de boss le plus facile de l’histoire du jeu vidéo. La grosse bestiale finale est tellement inoffensive que vous aurez du mal à dire si elle a commencé à attaquer ou non.

A moins de jouer au gamepad, vous devriez terminer le jeu avec une cinquantaine de parchemins inutilisés et des potions de soin et de mana à ne plus savoir qu’en faire. En ce qui me concerne, je possédais de quoi récupérer un peu plus de 10.000 points de vie. Interrogé à ce propos, l’un des développeurs m’a expliqué qu’Arkane Studios aurait souhaité développer un jeu beaucoup plus hardcore à tous les niveaux. Mais que voulez-vous, c’est Ubisoft qui paye…


Ce que vous voyez en bas à droite, ce sont trois carquois infinis.

Alors, 9/10 ou 6/10 ?

Les développeurs d’Arkane ont réussi à intégrer un système de magie, d’expérience, de furtivité et d’inventaire qui fonctionne et apporte au gameplay richesse et diversité. Mais plus que tout, c’est le corps à corps qui fait de Dark Messiah un FPS exceptionnel où les combats vous procureront une formidable sensation de puissance. Malheureusement, passé la première moitié de la campagne solo, le jeu ne présente plus aucune difficulté et on finit même par s’ennuyer. À qui faut-il jeter la pierre ? Probablement à Ubisoft qui cherche à ratisser de plus en plus large en créant des produits de plus en plus grand public.

Vous voulez une note ?

Dans ce cas, allez chez nos confrères les testeurs professionnels :Oui, IGN a rédigé deux tests de trois pages. Ne cherchez pas à comprendre.

Note : pour le test de la partie multiplayer, un peu de patience, il nous faut du temps pour pleinement l'expérimenter.
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