Dr.Loser | mercredi 19 octobre 2005 à 19 h 04
Brothers in Arms: Earned in Blood | NoFrag
Dr.Loser teste Brothers in Arms : Earned in Blood
Il n'aura
fallu que six mois à Gearbox pour développer la suite de Brothers in
Arms. J'espère que vous ne vous attendiez pas à une révolution car
vous seriez déçu.
Par rapport au premier épisode, Earned in Blood propose des missions quasiment identiques, une IA quasiment identique, des ennemis quasiment identiques, des décors quasiment identiques, des armes quasiment identiques... Alors histoire de rester logique, je vous propose un test quasiment identique. Pour ceux qui auraient déjà lu mon test de BiA: Road to Hill 30, j'ai indiqué les changements en rouge.C'est pas beau, mais c'est pas grave
Toi qui viens de claquer 3 000 euros pour jouer uniquement avec des graphismes TAFés et te masturber devant ton score 3Dmark, passe ton chemin. Brothers in Arms Earned in Blood utilise la version 2.5 du moteur Unreal, il a été développé afin de tourner sur Xbox, le moteur physique Karma n'est pas du tout exploité, il n'y a pas d'éclairages dynamiques et les textures sont bien baveuses quand on colle son nez dessus. Quoiqu'il en soit, BiA n'est pas hideux et l'abus de bloom et de HDR lui donne même un petit cachet. Bref, la réalisation technique est largement suffisante pour en faire un bon jeu... à condition que le gameplay tienne la route.
Plus réaliste, tu meurs... d'ennui
L'argument massue de Randy Pitchford face à la concurrence tient en deux mots : réalisme historique. Soyons honnête, le réalisme historique, tout le monde s'en tape, mais j'imagine que les quelques cinglés qui spamment les forums en se plaignant que les croix gammées des uniformes nazis ne sont pas de la bonne taille ont fini par faire croire à nos amis développeurs que l'authenticité était devenue un facteur primordial pour juger de la qualité d'un jeu.
Pour les joueurs sains d'esprit qui trouvent plus rigolo de voir les douilles s'éjecter par la gauche que de ne rien voir du tout, le réalisme de Brothers in Arms Earned in Blood est plus un handicap qu'autre chose. Au lieu de débarquer sur Omaha Beach, de traîner vos guêtres à Stalingrad puis de fanfaronner sur les ruines de Berlin, vous devrez vous contenter d'être parachuté en Normandie, de crapahuter une dizaine de kilomètres en prenant d'assaut une église, un entrepôt, un tas de fumier et game over.

Les batailles se déroulent dans des villages où vous affronterez une poignée de soldats entre trois bottes de foin et une carcasse de
Le pire dans tout ça, c'est que les maniaques du réalisme ne manqueront pas d'arguments pour flamer le père Pitchford : on ne peut ni ramper ni se pencher et ça fait tout de même un peu tache de voir ses hommes ressusciter entre deux missions.

Comment les Américains ont gagné la guerre
Contrairement aux MoH et autres CoD, BiA est plus qu'un long film interactif où des événements scriptés s'enchaînent les uns derrière les autres. La mission type commence par le briefing de votre boss qui vous demande de capturer un objectif. Vous marchez quelques secondes, tournez au coin d'une rue et OMFG !!! DES BOCHES ! Une chance qu'ils ne vous aient pas entendu alors que le colonel beuglait son speech à moins de trente mètres de leur position ! Plutôt que de m'embrouiller dans une description incompréhensible du gameplay, voici un petit croquis pour vous expliquer comment ça se joue :






- Vous lancez une grenade derrière la palissade.
- Vous épaulez votre fusil et tirez sur les Allemands.
- Vous ordonnez à votre première équipe de faire un tir de support sur les chleus puis vous les contournez.
- Vous avez répondu 1 : votre grenade s'élève en dessinant une parabole aléatoire et tombe à cinq mètres de l'ennemi. *Bang!* Vous venez de perdre votre unique grenade.
- Vous avez répondu 2 : l'iron sight s'affiche à l'écran et bouge dans tous les sens à cause des allemands qui vous tirent dessus : impossible de viser. Rapidement, vos hommes se mettent aussi à tirer et les boches se mettent à couvert. Vous venez de perdre un chargeur.
- Vous avez répondu 3 : Une terrible fusillade commence. Quelques centaines de balles sont échangées quasiment à bout portant mais personne n'est blessé. Les Allemands finissent par se planquer derrière un abri constitué de rosiers et de planches de balsa de 2mm d'épaisseur. Vous les contournez et vous leur refaites les fesses. Bien joué mon Lieutenant !
Les hardcore gamers ne manqueront pas de vous le faire remarquer : vos hommes et les soldats adverses n'ont de cesse d'adopter des comportements suicidaires et stupides. Ils se laissent contourner sans broncher, ils se jettent sous le feu des mitrailleuse lourdes, ils restent comme des cons derrière un mur sans tirer et ainsi de suite. Rien à voir avec l'intelligence qu'on pourrait attendre d'un vrai soldat. Mais comparons ce qui est comparable : si l'IA de BiA n'est pas à la hauteur d'un cerveau de militaire, elle est bien supérieure à celle d'un FPS moyen et suffisamment élevée pour créer des situations intéressantes. Ainsi, quand vous l'ordonnez, vos gars se débrouillent pour aller d'un point A à un point B en restant à peu prêt à couvert et ne restent jamais debout sans rien faire quand ils se font tirer dessus. De leur côté, les ennemis font ce qu'ils peuvent pour ne pas trop s'exposer et vous garder dans leur ligne de visée.

L'originalité s'est envolée, les défauts sont restés
L'intérêt
Dieu merci, tous les Grands Reporters ne sont pas aussi flemmards que nous. Ils ont écrit de vrais tests, eux :Tiens, c'est rigolo, les sites américains mettent de meilleurs notes à Earned in Blood qu'à Quake 4.